« Nous espérons un renforcement à la fois du fait métropolitain et du rôle des maires, conformément à l’esprit qui a présidé à la création de la métropole »

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C. Baratti-Elbaz : « Paris ne sortirait pas perdante d’un renforcement de la métropole du Grand Paris »

Publié le 29 septembre 2017 par le Journal du Grand Paris

« Nous espérons un renforcement à la fois du fait métropolitain et du rôle des maires, conformément à l’esprit qui a présidé à la création de la métropole », indique Catherine Baratti-Elbaz, maire du 12e arrondissement de Paris, présidente du groupe PS à la métropole du Grand Paris.

Quelle est la position de Paris dans la perspective de la conférence territoriale Grand Paris ?

Paris ne sortirait pas perdante d’un renforcement de la métropole du Grand Paris. Sur de nombreux sujets, nous ne pouvons plus résoudre les difficultés auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui sans les embrasser à l’échelle du territoire du Grand Paris. Nos sorts sont liés. Nous espérons, au contraire, un renforcement à la fois du fait métropolitain et du rôle des maires, conformément à l’esprit qui a présidé à la création de la métropole. Nous serons, par conséquent, très vigilants sur le mode d’élection des conseillers métropolitains, qui est sur la table. Il existe, je crois, un consensus de tous les maires de la métropole, et de la majorité des élus métropolitains, pour que les conseillers métropolitains soient élus en même temps que les maires par fléchage. Si l’on veut réaffirmer la légitimité de l’institution métropolitaine, elle doit s’appuyer sur la légitimité des maires.
Catherine Baratti-Elbaz

Catherine Baratti-Elbaz, maire du 12e arrondissement. © JGP

Quelle articulation entre la métropole et la Région ?

Il faut clarifier la relation entre la métropole et la région Ile-de-France. L’exclusivité de l’exercice de certaines compétences nous limite aujourd’hui dans notre action, par exemple sur l’aide à la mobilité propre. Nous avions, via « La métropole roule propre », l’objectif d’aider les professionnels à utiliser un véhicule propre mais la Région n’a pas répondu à la demande répétée de délégation de cette compétence à la métropole. Nous n’aidons donc que les particuliers, ce qui est un premier pas mais pas suffisant.

Et entre la métropole et les EPT ?

S’il existe un impensé de la dernière loi territoriale, c’est bien le lien organique entre la métropole et les territoires, qui n’existe pas aujourd’hui. Cela est en partie dû à l’histoire et à la diversité de chaque territoire. Certains existent depuis longtemps et fonctionnent très bien. Pour d’autres, cela est plus compliqué. Il sera nécessaire, dans le cadre des évolutions futures, de proposer une solution. Avec les présidents de territoires de gauche et avec Paris, nous menons actuellement une réflexion sur la question, avec le souhait de préserver cet échelon que sont les territoires.

Par ailleurs, si le souhait du gouvernement de procéder à la disparition des départements se confirmait, nous devrons prendre le temps de réfléchir ensemble aux questions de savoir à quel horizon, quelles compétences redescendraient aux territoires, et lesquelles remonteraient à la métropole ou à la Région, voire à l’Etat ?

Si l’on prend la question des collèges, par exemple, qui sont aujourd’hui gérés par les départements, on pourrait par exemple se dire qu’administrativement, la Région, qui gère déjà les lycées, pourrait en prendre la charge. Sauf que ce sont réellement des établissements de proximité, qui ne doivent pas s’éloigner des territoires et des maires.
De même, pour faire de la métropole un territoire où l’on favorise les mobilités durables, les transports en commun, etc., il faudrait que l’on dispose des leviers nécessaires pour cela. Or, aujourd’hui, les communes sont responsables d’un nombre de voies limité. Certaines autres sont intercommunales ou départementales, voire nationales. Il serait opportun que les décisions restent à l’échelle métropolitaine et que cela ne remonte pas trop loin, pour travailler au mieux sur les franchissements, notamment des voies ferrées, des périphériques ou des fleuves.

La métropole et les EPT doivent sortir renforcés de la réforme annoncée ?

Nous sommes aujourd’hui très inquiets sur les perspectives budgétaires de l’ensemble des collectivités territoriales en général. Et en particulier celles de la métropole, compte tenu notamment de la réforme de la CVAE. Des incertitudes fortes pèsent sur le budget métropolitain. Or, le meilleur moyen de tuer la métropole, c’est de supprimer ses financements. Et c’est ce que certains essaient déjà de faire. Nous serons donc très vigilants à ce que les prochaines réformes institutionnelles n’affaiblissent pas la métropole en l’asséchant financièrement. Nous veillerons aussi à ce que les éventuels renforts de compétences soient suivis des transferts de budgets correspondants. Si la métropole ne bénéficie pas d’un budget significatif, elle ne pourra jamais jouer un de ses rôles majeurs, celui d’une redistribution et d’une réduction des inégalités qui sont aujourd’hui criantes à l’échelle du Grand Paris. Les évolutions institutionnelles futures doivent permettre un rééquilibrage à l’échelle du Grand Paris.

Les relations entre la Région et Paris s’arrangent-elles ?

Non. Sur les questions de mobilité par exemple, la présidente de Région continue à chaque rentrée d’augmenter le tarif du pass Navigo, contrairement à ses engagements de campagne électorale. Cela pénalise énormément les usagers, et notamment les Parisiens qui ont déjà accepté une augmentation significative lors de la mise en place du pass Navigo unique. Et puis Valérie Pécresse maintient un discours très pro-voiture, en opposant comme toujours la zone dense avec la grande couronne. Ces territoires sont pourtant complémentaires et des solutions existent, à l’image du développement de connexions multimodales. Les annonces sur le covoiturage sont une bonne chose. Mais à un moment donné, cela ne résout pas vraiment la question des embouteillages et de la place de la voiture dans la zone dense, dont on connaît le rôle pollueur et l’impact sur la santé des métropolitains.

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